PERLES ET PENSEES
By
Dallys-Tom Medali
SMASHWORDS EDITION
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PUBLISHED BY:
Dallys-Tom Medali on Smashwords
Perles et Pensées
Copyright © 2010 by Dallys-Tom Medali
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PREFACE
D’autres encore, fixent du regard,
Un regard têtu et déshabilleur,
D’autres enfin sourissent,
Un simple sourire de timide-naïf.
Mais toi tu ronfles,
Pour dire « je t’aime ».
C’est dans un élan de nostalgie, de fraîcheur et d’un doux orchestre de vers entremêlés de sens et d’images que Dallys Tom Medali vous présente son nouveau recueil de poésie intitulé PERLES ET PENSÉES. Son poème « Avis de recherche » a remporté le prix de la Francophonie 2007 Biscarosse (France). Un jeune poète contemporain à la plume délicate et qui a un talent incroyable vous livre ses plus belles pensées à travers des textes aux mots justes, à la fois provocants et émouvants, un retour à ses racines, la pureté absolue.
Du firmament des jungles aux dunes de neige, de la réalité des épreuves à la tarlatane du mensonge, c’est tel quel que Dallys nous parle de la solitude, de la misère, de l’injustice et de la différence qui règnent encore aujourd’hui entre les hommes.
Pourquoi devons-nous courber l’échine,
Sous le poids embarrassant des dictatures,
Fermer les yeux et sceller nos bouches,
Rengainer le cri des révoltes?
Entre ses lignes, on arrive à ressentir parfois la révolte et la tristesse, mais aussi la rêverie et la douceur car dans le mal, il y a le bien. Vous ne lirez pas seulement des poèmes d’une qualité extraordinaire, mais vous verrez prendre vie des paysages et des lieux proprement racontées. L’auteur rend aussi hommage, à la fin de son œuvre, aux grands poètes comme Baudelaire, Nelligan, etc. C’est avec une justesse indéniable et une grande beauté que Dallys nous dénonce la réalité des choses dans sa poésie.
Odessa où j’ai connu le jour
Odessa, ma ville mon premier amour
Toi qui m’a vu ouvrir les yeux
Et prendre le souffle, des mains de Dieu
J’admire de ton peuple, la grandeur
Et au labeur, son ardeur
Ton courage triomphant
A toujours délivré tes enfants.
« Perles et pensées » est une œuvre poétique authentique et entièrement embellie d’émotions. Je vous invite à faire la connaissance de Dallys Tom Medali, un auteur brillant et remarquable aux mots tissés de perles…
Bophana Tina Thomas (Ecrivain vivant au Canada)
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Liste des 76 poèmes
Les sereines
Soleil
Je dormirai debout
Agonie
Odessa
L’image
La samba australienne
Le lever du jour
Chaque jour j’apprends
Le paresseux
Le rêve
Noctambule
La plage
Réflexions
Le réveil
L’écriture
La croix du mal
Mon spleen à moi
Le gong de l’éveil
Cris de cœur pour l’Afrique
Avis de recherche
Noir
Paysan frappe
Larmes d’Afrique
Belle d’ébène
Errances
Fillettes en larmes
Les misérables
Un pays malade
Dites-moi pourquoi
Le discours de la mer
Les nobles
Envie de son
Le poème non écrit
Adoration
Des vers en cadeau
Azalou
Mon cahier bleu
L’ultime don
Instincts féminins
La vie est une poésie
La mort n’est plus
Beauté infernale
Le papillon
Hymne au penseur
La danse des maux
Le jardin
La peur
L’enfant turbulent
Si on lisait dans le cœur d’autrui
Le souffle des choses
Grand-père continue
Une baraque au Bahamas
Lamentations diurnes
Jours d’infortune
Me voici debout
Orage et Solitude
Paume innocente
Un enfant pour moi
Les courtes
Mon ile est sous le vent
Lune ronde
Double-fleur
Mbalax, mes jambes
Douleur
Petit Pierre
Piété
Rêve enclos
Question
Souvenir
La vie
La bananeraie
Sur la trace des ainés
Enfance
Conquérant
Femme d’Afrique
Le corbillard
Le saumon
Le violon brisé
Pure vanité
Une sœur
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Les sereines
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Le coq chantonne.
L'astre va bientôt s'éveiller.
La gluante et jaunâtre boule de feu,
A nouveau illuminera nos parcours.
Ô soleil,
Soleil de mes espérances très vite flétries,
Soleil de mes cris et de mes peines,
Soleil de mes joies et de mes larmes,
Je te vois venir, Soleil.
Toi qui nourris les plantes,
Et fait battre nos cœurs noirs.
Toi qui fais tendre la poitrine des vierges,
Et fait luire l'eau fraîche des ruisseaux.
Toi qui fais sourire les vieillards,
Et leur rappelle les années, hélas envolées.
Toi qui réveillerais les morts,
Sous une terre maternelle.
Ô toi soleil,
C'est dans ton champ que je sème mes chants.
Ces hymnes dont les graines germeront,
En ton honneur glorieux.
***************
***************
Mon maigre corps pale,
Gît sur le lit comme une dépouille.
J'ai mal partout.
Le litre de sang qui me reste,
Hurle douleur.
Ma peau est un geyser,
Tellement il bouillonne et brûle.
Ma tête résonne.
C'est un tambour qui gronde.
Mon cœur court. Je crains son arrêt,
Essoufflé par sa course effrénée.
Le toubib m'a ausculté et a prescrit,
Un conteneur de pilules,
Beaucoup de perceuses rien que pour moi,
Et du glucose pur comme de la vodka.
Je n'oublierai plus les infirmières,
Leur blouse rose ou blanche.
Et leur sourire étrangleur.
Elle était belle, celle qui m’a soigné.
Avec sa lèvre mercurochrome.
Ses bonnes paires de fesses,
Rondes et bondissantes.
Quand elle s'est penchée
Pour m'enfoncer le cathéter,
Toute ma tête fouillait
Avec avidité, sa poitrine dorée.
Aie, elle m'a percé
Ma veine! Ma belle!
Le fiel de ma souffrance
Le miel de mon imagination
Mes neurones qui s’agitent.
Elles vont et viennent,
Comme le balancement des cuisses
De ces petites aguicheuses.
Hélas, c'est fini.
Plus rien du tout.
Les infirmières sont parties.
Que de monotonie à nouveau.
Et la file solennelle des amis,
Le ballet des offrandes et les litanies.
Je suis toujours malade.
Et j'espère qu'elles reviendront,
Les belles poupées piqueuses.
***************
Odessa
Odessa où j'ai connu le jour
Odessa, ma ville mon premier amour
Toi qui m'a vu ouvrir les yeux
Et prendre le souffle, des mains de Dieu.
J'admire de ton peuple, la grandeur
Et au labeur, son ardeur
Ton courage triomphant
A toujours délivré tes enfants.
Eux qui bercés, par ton amour maternel,
Te rendent chaque jour, plus belle
Tu n'as de pareil sur terre
Aussi es-tu enviée par tes pairs.
De la hauteur de tes tours
J'observe tes prairies et leurs contours
Des icebergs flottant sur la Volga en hiver
Aux dunes de neige voilant de tes paysages, le vert.
Le froid m'amuse
Quand j'invoque les muses,
Blotti sous mon manteau de laine
Epaisse fourrure de chèvre naine.
Ici, le ciel est toujours bleu
Les sapins fleurissent en couples de deux
De magnifiques jardins en fleur
Ornent des majestueuses avenues en cœur.
Odessa, où j'ai connu le jour
Odessa, ma ville mon premier amour
Je suis un griot d'Ukraine
Qui t'acclame depuis son autre patrie lointaine.
***************
L'image qui toujours se dérobe
Tel le parfum de la femme qui passe
Telle la nuit qui se meurt
Tel le train qui s'en va
Telle la pirogue à l'horizon
Tel le lièvre à l'affût
Tel le mirage du jardin
Tel le signal de la luciole
Ma perpétuelle requête
Ma quête jamais trouvée
Enfin trouvée, aussitôt égarée
Le but de ma vie
Les faits que jamais je ne revis
Mes jours qui filent comme des berlines
O image !
***************
Sautons comme des kangourous,
***************
Une confuse violence,
Trouble le calme de la nuit.
Et la lumière avec le bruit,
Dissipe l'ombre et le silence.
Les oiseaux d'un joyeux ramage,
En chantant, semblent adorer,
Cette lumière qui vient dorer
Leur cabinet, leur plumage.
Les bêtes sont dans leur tanière,
Et tremblent de voir le soleil.
L'homme remis par le sommeil,
Reprend son œuvre coutumière.
La charrue écorche la plaine.
Le fermier qui suit les sillons,
Presse de voix et d'aiguillons,
Le couple de bœufs qui l'entraîne.
***************
Chaque jour j'apprends.
Ah! Que de choses nouvelles,
J’apprends chaque jour,
Dans la citadelle américaine.
J’apprends à vivre en minorité,
Et à m'y épanouir,
Parce que la couleur de la peau compte,
Et que je suis noir.
Parce que la nationalité compte,
Et je ne suis pas d'ici.
La majorité est blanche
Dans un blanc pays de blancs.
Les nègres sont différents,
Quelque soit leur performance,
Leur talent, leur compétence,
Il y a toujours cette chose,
Ces petits détails.
J’apprends que je peux ‘’échouer’’
Ne pas être retenu pour ce poste,
Qui me va comme une vielle chaussure,
Même si j'ai les meilleures notes,
Même si j'ai de l'expérience.
Il y a toujours un détail
Qui ricoche.
J’apprends la jungle,
Sa loi de non-pitié,
Son rythme effréné,
Son manque de tolérance,
Son oubli de la clémence.
J’apprends que même entre Noirs,
Frères de race, frères de source,
Il y a des différences.
Il y a l'accent qui compte.
Tu es noir, je suis noir,
Mais tu es toi et je suis moi.
Chacun dans sa sphère,
Doit garder ses distances.
J’apprends le pire,
Qu'entre compatriotes même,
L’heure est sombre et noire.
Où est l'amour?
Il est sorti.
Il est mort.
Les intérêts gardent sa maison
Et brandissent sa dépouille
En attendant qu'il revienne
Si jamais il revient
Aucune confiance
Aucune sincérité
Si tu ne me sers a rien
Si je peux me passer de toi
Aujourd’hui, ce soir
Alors tu peux aller au diable
Si tu n'as pas de voiture
Si tu ne médis pas avec moi
Alors tu peux aller foutre
Ou aller te faire foutre
J’ai mes connexions
J’ai mon petit clan
Je peux me passer de toi
Tu peux dégager
Trahisons mesquineries
Palabres médisances
Revanches vengeances
Autant de nouveaux pièges
Que je découvre
Autant d'adversaires hideux
Que je dois caresser
Comme je ne sais ni griffer
Agresser ou affronter
Comme je suis seul
Faible et sans défense
J’apprends la réalité des épreuves
J’apprends qu'en bon chrétien
Je dois m'accrocher ferme
M’agripper dur, des deux jambes
Bénir ceux qui me maudissent
Aimer ceux qui me haïssent
Lécher ceux qui me mordent
Embrasser ceux qui me talochent
Supporter l'opprobre et les commérages
Être plus doux que jamais
Surmonter l'adversité
Croire, prier et espérer
J’apprends la monotonie
La même chambre, spacieuse
La même maison grande et blanche
Le même frigo, la même cuisine
Les mêmes repas, les mêmes saveurs
Les mêmes odeurs, le même ordre
Le même chemin, les mêmes arbres
A l'aller, au retour
Le même cycle, perpétuel
Les cours devoirs et examens
Le même ordi, mon seul ami
Les mêmes camarades, mes seules amies
J’apprend a survivre
Plaçant ma confiance en Dieu
Celui qui fut, est et sera éternellement
Celui qui jamais n'abandonne
Le flot des dépenses grossit
Je constate soucieux
la désertion de tous les revenus
Je m'accroche et je vis quand même
Je vis d'espoir et de courage
Espoir que le pain quotidien
Jamais ne manquera
Espoir que mon toit restera
Courage pour supporter le fardeau
Le poids de la dette
Espoir que même sans les livres
Je réussirai
Beaucoup de stress
J'apprends la solitude
Même si parfois je sors
Même si parfois je voyage
Je me sens seul
Je me sens vide
Je suis seul
Je n'ai personne
Personne sinon Dieu
Personne sinon moi même
Personne sinon les pensées de mes proches
Qui me bercent et me ressourcent
Mes proches restés au pays ou ailleurs
Afrique, Europe.
J'apprends la vie.
Une vie nouvelle.
***************
Le paresseux
Il y avait, il y a très longtemps,
Un semeur de vent,
Qui jamais n’avait du temps,
Sauf pour faire le paon.
Couché dans son lit,
Comme un oiseau dans son nid,
Il sourit à la vie,
Alors qu’il est midi.
La truie, la boue dans son groin,
Jalouse l’âne qui broute son foin,
Tandis que le reptile dans son coin,
Se demande, pourquoi, de met, il n’a point ?
Le muet qui éperdument cherche sa voix,
Sourit au ver qui tisse sa soie,
Qu’envie la termite qui ronge un bois,
Pendant que le moine, à l’ombre, cultive sa foi.
Et toi paresseux, que fais-tu ?
***************
Le rêve
J'ai rêvé et j'ai vu,
Plus d'une lueur s'effondrer,
Au dedans de mes petits yeux d'enfant.
J'ai vu une princesse,
Trois fois plus belle que la lune.
Elle était toute luisante.
Elle brillait mieux qu'aucun diamant.
J'ai regardé le ciel,
Et vu une myriade de petites étoiles.
J'ai encore tourné le regard vers la princesse,
Elle était entourée d'une multitude d'oiseaux.
Les rossignols, de leur voix mélodieuse,
Jouaient une sérénade.
Les pigeons et les canards dansaient.
Les cygnes battaient la mesure de leurs ailes.
J'ai fixé son regard,
Ses yeux étaient bleus.
De tendres cheveux lui tombaient sur le dos.
Soudain je me suis relevé,
Pour la prendre par la main.
J’ai touché du vent,
Car hélas, ce n'était qu'un rêve.
***************
Rien de plus beau que la solitude,
De ces lieux sacrés, la nuit.
Eloigné du monde et du bruit,
Pour dissiper mes inquiétudes,
Que sur la verte épine fleurie,
Dont le printemps est amoureux,
J'entretienne mes rêveries.
Contemple la décadence,
Des vieilles isbas ruinées,
Contre qui les années mutinées,
Ont déployé leur insolence.
La suie s'y abat,
Les sorciers y font leur sabbat.
L'effraie avec ses cris funèbres,
Les emplit de ses immondes ténèbres.
Moi, tout cool dans mon coin,
Je me plais dans la solitude de ces sacrés lieux.
***************
Du sable partout, du sable chauffé
Du sable fin, du sable attirant
Du sable tentant mais brûlant
Du sable fondant sous les pieds. .
La mer bleue qui scintille au soleil
La mer immense qui s'étend à l'horizon
La mer profonde qui cache les poissons
La mer en furie qui soudain, s'éveille.
Des vagues qui montent et retombent, rageuses
Des vagues qui roulent et se poussent
Des vagues qui s'écrasent sur la côte et moussent
Des vagues qui mouillent les pieds des promeneuses .
Des cocotiers penchés et élancés
Des cocotiers aux feuilles palmées
Des cocotiers vieillis aux troncs gercés
Des cocotiers chargés de fruits adorés.
Des belles se bronzant étendues
Toutes pures, toutes nues,
Poitrines massées à l’huile et tendues.
J'avoue qu’elles m'ont plu.
Des enfants jouant dans le sable fin
Des enfants courant et se pourchassant
Des enfants sautant et s'éclaboussant
Des enfants joyeux, saluant des mains.
Enfants turbulents et téméraires, prenez garde
La mer sans pitié, ne connaît pas de remords
Elle pourrait vous attirer bien loin du bord
Si vous êtes imprudents et un peu fous,
Elle vous engloutira.
***************
Je marche sur la lune
Je suis une étoile
Je suis donc je pense
Mais tout n'est que vide.
Je marche sur le soleil
Le chaud et le froid ne font qu'un
Je ne brûle pas
Donc il n'y a pas de contraire,
Tout est complémentaire.
Je marche sur la terre
Cherchant l'âme sœur
Contemplant les mortels
Leurs gestes, actes et paroles.
Je marche sur la mer
Cherchant une fleur
Admirant les sirènes
Parmi les algues et les coraux.
Je marche sous l'océan
Cherchant une méduse
Comptant les épaves
Et j'ai vu une étoile sous l'eau.
Je marche sur Mars
Je n'aime pas ses farces
Ni ses saisons de glaces
Où jacassent des bêtes de race.
Je marche dans l'espace
Cherchant quelque trace
Observant la mort et ses faces
Comme les autres, elle me dégoutte, hélas.
Je marche sur moi
Cherchant ma croix
Fouillant mon âme
Pansant mes plaies,
Et pensant à demain.
Enfin, je marche vers demain
Très tôt le matin
Avec mes deux mains
J'œuvre pour mes lendemains.
***************
Le réveil
L'air est lourd, désagréable.
Quelle puanteur!
Un rayon me tape dans l'œil,
Que j'entrouvre à peine. Bonheur, bonheur!
Ma main se faufile à droite,
De la soie, de la chair, des rondeurs.
Ma main insiste, caresse,
Douceur, douceur.
Un souffle, un soupir en réponse,
Amour, candeur.
Ma jambe se déploie,
Massive, lourdeur.
Elle atterrit sur le plancher,
Froideur, froideur.
Mon autre jambe arrive.
Elle piétine deux choses, j’ai peur.
Mon pied se rétracte, élastique.
Et je crie rageur.
En fait, rien de grave :
Je me calme, rêveur.
Juste du latex usager,
Et une culotte de couleur.
Celle que j'ôtai la veille,
L’alarme continue de grincer.
Mes esprits retrouvés,
J’accouche un poème vainqueur.
Et bondis sous la douche,
Car il sera bientôt l'heure.
***************
L’écriture
Avant de dormir,
Je cherche une plume,
Et une feuille blanche,
Rectangulaire et virginale.
Je la pose sur une table,
Ou au pied de mon lit.
Au réveil le lendemain,
Plein de courage et d'inspiration,
Je donne corps à mes émotions.
Et, en transe,
Comme le verbe créateur,
Celui des origines,
Je modèle les idées,
Et potelle les lettres,
Qui tombent et s'ordonnent,
A la chaine, en rythme.
Quand je soulève les pieds,
Mon poème se lève,
Fort, triomphant,
Prosaïque ou rimée,
Il s'impose et frime.
***************
La croix du mal
La croix du mal
Le jour dans l'oppression
La nuit dans la souffrance
Le jour dans l'injustice
La nuit dans la peur
Le jour dans le mensonge Cœurs déracinés, sans l'espoir Le jour dans l'infamie
La nuit dans l'outrage Cœurs brisés dans l'amertume La nuit dans l'excès
Le jour dans le sarcasme Cœurs affligés dans la détresse Le jour dans l'insolence
La nuit dans l'offense Cœurs meurtris dans l'angoisse La nuit dans l'atrocité
Le jour dans la désolation
La nuit dans la tourmente
Le jour dans la tempête
La nuit dans le naufrage
***************
Mon spleen à moi
Quel serpent de feu et de corail
M'étreint et me vole mes pleurs d'hier?
Quel vent m'agite et me traine
Vers cette vague d'oubli certain?
Dans la gare à peine éclairée,
Où s'impatientent des jambes pressées.
J'attends mon train de souvenirs,
Comme la sécheresse attend la pluie.
O nuit, il fait nuit. Elle est tombée.
Dans les fossés, les crapauds croassent.
Leur musique assourdissante
Se glisse dans mes draps solitaires.
Déjà, je porte l'anse, les mouchoirs, les drapeaux.
L'espérance fanée qui est un bourgeon qui renait.
Souvenirs, compagnons de toute halte,
Je vous attends un peu plus loin.
Quand le feu de nouveau, nous réunira
Comme aux premiers contes de notre enfance
Avec les ogres voraces et les fées bienfaitrices
Les fantômes de mon obsession
J'ai apprêté tout ce qui brise, casse et recolle
Tout ce qui fait mal et qui caresse
Des jouets de bébé et d'adulte
Bouts de bricoles retrouvées, puis perdues en un instant.
***************
Le gong de l'éveil
Les arbres de la forêt s'enflamment. Ging ko
La fumée s'élève sur nos villes. Ging ko
Les fleuves s'enflent et rougissent. Ging ko
Les crocodiles et les vautours jubilent. Ging ko
Les cadavres hoquètent. Ging ko
La mort trépigne au rythme des rafales. Ging ko
Le pain brule, le champ aussi. Ging ko
La veuve pleure, l'orphelin crie. Ging ko ko
Le sang déborde. Ging ko
La nuit allonge ses cauchemars au grand jour. Ging ko
Réjouissez-vous, maitres et artisans de la mort. Ging ko
Assouvissez votre soif et vos désirs. Ging ko
Réjouissez-vous, bouchers égorgeurs. Ging ko
Réjouissez-vous, gurus redoutables, exacteurs. Ging ko
Vous qui complotez contre le peuple. Ging ko
Tombez, balles grêles, giboulées de feu. Ging ko
Que s'inclinent les rampes. Ging ko
Que volent les missiles. Ging ko
Mais quand tout sera consumé, Ging ko
Le phénix renaitra t-il de ses cendres?
Ou sera t-il inhumé? Ging ko
***************
*******
*****
***
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Prix de la Francophonie 2007 Biscarosse (France)
Je cherche une terre,
Une terre unie, pour cultiver,
Non pas les embrasements,
Mais plutôt les embrassements.
Je cherche des mots anciens,
Pour te narrer mon rêve plus grand qu’une foule,
Plus long qu’un simple chemin.
Le rêve d’un peuple libre et prospère.
Je cherche une eau,
Qui se souvienne du désert,
Jadis verdoyant, de ma vie,
Qui s’effrite, tel un monticule piétiné.
Je cherche un air,
Une chanson, une mélopée.
Oublier quelques instants mes misères,
Mes peines et mon sang jailli,
Des brasiers de Soweto et de Kigali.
Le cri de mon peuple,
Qui continue d’errer.
Je cherche encore des larmes,
Celles de mes amours disparus,
Sous le sifflement des armes.
Les larmes qui ont emporté tes rêves,
Ô Afrique, ma belle patrie.
***************
Noir est mon nom,
Noire est ma race.
Par le monde entier,
S'est illustré mon renom.
Merci, mon Seigneur,
De m'avoir fait noir.
D'avoir fait de moi,
La somme de toutes les douleurs.
Je suis heureux de la forme de ma tête,
Faite pour porter le monde.
Je ne suis point peureux.
Fier de la forme de mon nez,
Qui hume la douleur et les souffrances
Les peines, qui me sont liées.
Je suis hospitalier et accueillant,
Même, pour ceux qui élèvent des murs,
Et affrètent des charters.
Ceux qui estiment avoir du pur sang.
Noir est mon nom,
Noire est ma race.
Je suis content de mes traits,
Fier de nourrir le monde.
***************
Paysan frappe le sol de ta daba.
Frappe, paysan frappe.
Car ce n'est pas les mains croisées,
Que tu trouveras ton pain.
Frappe la terre de ta daba.
Frappe, car si les hommes,
Ne peuvent rien pour toi,
Si le bétail n'a pas survécu,
Si tes vains dieux,
Ont une fois encore,
Eté sourds à tes gémissements,
La terre elle t'entend.
Elle ne te laissera pas mourir de faim.
Cette même terre,
Qui a nourri tes pères,
Et qui a fait croître leurs biens.
Elle ne t’abandonnera pas,
Si tu ne l'abandonnes.
Frappe, paysan frappe.
Frappe le sol de ta daba.
Frappe, paysan frappe.
Supplie le ciel, et que tombe de l'eau,
Pour que pousse l'herbe verte.
Frappe paysan frappe.
Car les étoiles ne sauraient
Contredire les lois naturelles.
Frappe avant qu'il ne soit tard.
Mais, il n'est jamais trop tard,
Pour ceux qui gardent l'espoir.
***************
J'entends le hurlement des koras,
Et les complaintes des flûtes.
Je vois l'amertume des pleureuses,
Et j'observe le folklore de leurs gémissements.
Les larmes de nos femmes anciennes,
Larmes chaudes et salées.
Trop vite bues au coin des lèvres oublieuses.
Les cris d'enfants égorgés dans la nuit,
Le crépitement des cases qui s'évaporent sous les flammes.
J'entends le silence des filles violées.
Le cliquetis des squelettes de bébés affamés,
La douleur des mères éventrées,
J'entends la mélodie des bombes,
Qui pleurent sur l'Afrique meurtrie.
J'entends l'éternel combat,
Qui déchire les frères nègres.
***************
Belle créature à corps d'ébène,
Pose ta jarre près de moi.
Laisse-moi goutter de ton eau,
Elle est fraîche et claire.
Vois comme il fait beau,
Vivre dans notre pays, noir.
Riche terre que nous a
Légué la nature, divine.
Magnifiques paysages d'Afrique.
Qu'avez-vous à envier aux autres ?
Brave nègre, avec la terre,
Tu as tout pour être heureux.
Le travail libère les peuples.
***************
Aimer les mystères
Passer des parfums
Saluer les défunts
Quitter la terre
Ma jarre est sèche
J'ai traversé le vallon
Et joué du violon
Avant de voir une brèche.
Je défais la mèche
Sortons du salon !
Le couloir est long
On saute dans une calèche.
Ce sont les rêves des hommes.
Quand ils piquent la trouille
Et que leur culotte se mouille.
Mêmes errances pour les grands et pour les mômes.
Je n'aime pas la mer.
Elle me fait peur,
Elle n’a pas de cœur.
Vidons nos têtes de fer.
***************
Ô gémissements.
Ô détresses.
Cris d'intenses douleurs.
Cris que poussent les fillettes africaines.
Très tôt déscolarisées,
Ou jamais instruites.
Enlevées brutalement à la tendresse maternelle.
Dans l'espoir d'un bonheur illusoire,
Expédiées sur une destination inconnue,
Transportées comme des bagages,
Vers un camp infernal de travail sans répit.
Une carrière ou casser des pierres.
Noyées, anonymes, sur une côte quelconque.
Les faubourgs d'une métropole blanche ou noire,
Enchaînées pas les liens des proxénètes.
Complicité d'adultes sans vergogne,
Viols répétés, sida, grossesses.
Non! Hurle! Crie encore!
Elle s'obstine à te fuir, la mort.
Mais la douleur est là,
Toujours plus aigüe.
Misérables conditions de vie
Avenir absent, inexistant.
Comment ne pas pleurer
En voyant voguer la galère,
De beaucoup de filles d'Afrique,
Petites, insouciantes, innocentes.
Pourquoi? Comment?
Elles ne le sauront jamais.
Mais, dans l'indifférence générale,
Elles souffrent en silence,
Encore et encore.
***************
Les misérables
Des pauvres à perte de vue,
Des squelettes dans un pays en paix,
Comme à la télé j’en ai vus.
De la misère partout, La faim, la soif toujours.
Des vieux, le ventre creux,
Qui, rejettent la responsabilité sur Dieu.
Le manque, le dénuement,
Une horde de mendiants,
Parés de leurs haillons, ils déambulent,
Broutant du foin comme de viles mules.
Enlisés dans un cercle vicieux,
Ils sont ceux qui gaspillent le plus.
Ils n’ont rien et s’endettent chaque jour un peu plus.
Les misérables emplissent les églises,
Et assiègent tous les lieux de culte.
Pour tromper leur triste sort,
Ils chantent des cantiques,
Et se promettent un bonheur posthume.
Quand on crève, on ne peut raisonner.
Ils parlent d’un sauveur qu’ils comprennent à peine,
Qui viendra les délivrer.
Tout vendeur d’illusions est le bienvenu,
Pourvu qu’il ne réclame point d’argent.
Ils s’en remettent aux politiciens,
Leur baguette magique, leur panacée.
Ils se réveillent quand le soleil est au zénith
Et s’endorment avant qu’il ne se couche.
Ils ne travaillent presque pas.
L’oisiveté est mère des vices.
Les misérables parlent beaucoup, leurs femmes surtout,
Critiques oiseuses, témoignages calomnieux.
Le nègre est assis sur le diamant mais pleure.
Il quémande et cherche en vain des coupables.
***************
Un pays malade
Une université et demie pour tout un pays.
La comptabilité enseignée et dictée,
A mille étudiants assis sur des briques.
Des autoroutes de trois mètres de large.
De la fumée noire, très toxique, à perte de vue.
Les gaz cancérigènes qui tuent.
Des camions et des locomotives de la première guerre.
Des hommes aquatiques, amis des grenouilles.
Des élevages industriels de moustiques.
Des conserves avariées en vente, bon-marché.
La corruption partout, l’impunité, le désordre.
Quelques diplômés, sachant à peine lire et écrire,
De nouveaux chômeurs.
‘Cadres crétins’ a dit l’autre.
Le culte de la médiocrité.
Des pilleurs qu’on décore,
Les sages sont ridiculisés.
La démocratie est devenue une chanson,
Comme plus tard le changement sera un poème.
Un pays à l’envers
Où tout se passe de travers
Une nation en paix, une paix précaire
Les entreprises sont saccagées
Ensuite, on pourra les brader
Un pays malade, quoique riche
Qui souffre de ses habitants
Misérables, tristes, oisifs
Paresseux surtout
Un pays tout de même
Qui peut-être finira par se réveiller.
***************
Dites-moi pourquoi
Pourquoi devons-nous vêtir l'opprobre,
Comme un boubou taillé à notre mesure,
Avec le tissu des pestilences,
Et la tarlatane du mensonge ?
Pourquoi devons-nous courber l'échine,
Sous le poids embarrassant des dictatures,
Fermer les yeux et sceller nos bouches,
Rengainer le cri de révolte?
Pourquoi naitre, croitre et mourir;
Si vite, sans rien, sans traces,
Dans les miasmes de l'indignité,
Dans les fanges de l'humiliation?
Pourquoi trimbaler l'héritage de nos récents aïeuls,
La lamentable mine de misère qu'ils nous ont laissée,
Continuer honteusement comme eux,
A vendre nos frères et nos terres?
Pourquoi attendre la providence?
Crier et pleurer encore et encore?
Tendre nos mains bien portantes,
Et courir après l'aide mesquine et conditionnée?
Pourquoi obtempérer comme des ouailles,
Aux injonctions des Nations-unies-mais-contrôlées
Et autres institutions-épouvantails;
Qui cachent leurs crocs de loups sous de la laine d'agneaux?
Pourquoi ne pas bruler les kalachnikovs,
Se lever comme un seul peuple nègre,
Et rebâtir notre continent en ruines?
J'ai cherché pendant vingt-et-deux ans sans trouver pourquoi.
***************
Le discours de la mer
Ecoutons la mer !
Elle parle de grands poissons,
Qui se repaissent de langues, de peaux,
De sexes et de cervelles d'hommes.
D'hommes jetés par dessus-bord,
D'hommes qu'on piétine,
D'hommes qu'on assassine,
D'hommes sur qui on crache.
De femmes et d'enfants morts sans sépultures,
De pirogues étroites mais bondées,
De nègres vigoureux, sains et intelligents,
De passeurs sans vergogne et de nageurs maladroits.
La voici, la mer qui exhume ses listes.
Elle parle de vies d'hommes et de naufrages,
De soleils captifs et de randonnées délétères,
D'espoirs illusoires et aveugles.
Elle raconte l'épopée des marchands d’esclaves, hier.
Et les coups de feu des gardes-côtes espagnols, aujourd’hui.
Elle parle d'elle même, de ses vagues assassines,
Et des cris de détresses de mes frères et sœurs engloutis.
***************
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Envie de son
Fais au blanc frisson de tes doigts,
Gémir encore, Ô ma maîtresse,
Cette kora dont la caresse,
Jadis extasia les rois.
Sous les lustres aux prismes droits,
Sonne, en mon cœur, une morne ivresse.
Ce soir de grand froid et de paresse,
Assis sur un divan d’osier béninois.
Que ton instrument vibre et pleure,
Pour que j'oublie avec toi l'heure,
Dont les aiguilles et les motifs rêveurs,
Tournent à un rythme trompeur.
Bercés par le son mélodieux,
De ta guitare nègre,
Je prendrai ta main maigre,
Et nous danserons la valse des dieux.
***************
Le poème non écrit
Je ne suis pas un poème.
Ne me cherche pas dans un livre
Ni dans les immeubles,
Je n'ai point de maison.
J'habite une vague, un frisson, un mot.
Fais-moi un clin d'œil, d'oreille et de bouche.
Fais-moi une grimace
Vole moi une caresse.
Je suis arrivé un jour d'équinoxe,
Avec les débris de la mer et les algues
Dans des bagages égarés.
M’accueilleras-tu ? Me liras-tu ?
Quand du ciel, sourdent d'infinies tristesses,
Hourras, lamentations et sanglots,
Tant de choses amères tues ou murmurées
D'une voix plurielle.
Appelle le vent,
Il te dira mon nom et ma patrie.
Il te décryptera les rimes et les proses,
Ainsi que les graffitis hiéroglyphiques,
Sur lesquels on me couche.
Hèle les hirondelles et les colombes.
Elles te diront vers quel océan de temps,
Je dérive, avec mes voiles hissées hautes.
Alors, tu sauras ce que je suis,
Et tu me brandiras comme un rameau de pâques.
***************
Je viens dans son temple adorer l'Eternel.
Je viens selon l'usage solennel,
Célébrer avec vous, le sabbat,
Purifié de tous mes ébats.
En ce saint jour,
Les trompettes, du sauveur, annoncent le retour.
Le saint temple est orné de motifs magnifiques.
La grande foule inonde les portiques.
Ensemble, devant l'autel où nous sommes introduits,
Les mains pleines d'offrandes et de fruits,
Au Dieu vivant, nous consacrons nos prémices,
En guise de remerciements et de sacrifices.
D'adorateurs zélés, un petit nombre,
Se cachant sous leur tunique, tels des ombres.
La majorité ignore le profond sens du moment,
Mais crie et jubile joyeusement.
Quelques uns, de leurs vilains yeux,
Lancent sur le sanctuaire, des regards furieux.
Mais celui qui a créé les monts et les flots,
Discrètement déjoue leurs mauvais complots.
Soumis avec grâce à sa volonté sainte,
Tous ceux qui ont pour Dieu de la crainte,
Sont recouverts d'une infinie grâce.
Ils vivront dans la mystique éternité de son palace.
***************
Je te donne ces vers,
Afin que si mon nom voyage dans le temps,
Et accoste aux époques lointaines,
Il fasse rêver les cervelles humaines.
Pareilles aux fables antédiluviennes,
A ta mémoire incertaine,
Resteront pendues, mes rimes naines ;
Comme la cloche d’une chapelle romaine.
Que dirai-je ce soir pour t’attendrir,
Toi, pauvre none solitaire ?
Que diront mes lèvres gercées et mon cœur flétri
A ton âme si belle, si bonne, si chère ?
Toi, la servante du Seigneur
Dont le regard divin m'a toujours refleuri.
Te ferai-je un câlin, ma sœur ?
T’offrirai-je un voile fleuri ?
Des voiles, tu en as assez.
Et tu ne prends ni câlin, ni baiser.
Mais tu aimes chanter des louanges.
Reçois donc ce poème qui a le parfum des anges.
***************
Azalou
Azalou est ton nom.
Tu es laid,
Tu n'as pas bu du lait.
En promenant mon regard
Hagard, sur la face de la terre,
Il y a une chose que je n'ai point vue,
Et que j'annonce au peuple.
Je n'ai pas vu,
De créature, aussi affreuse que toi.
Tu fais de ta coupe le sang,
Et ton repas est la chair des humains.
Azalou est ton nom.
Tu es laid,
Tu n'as pas bu du lait.
Ton visage sale repousse,
Eloigne même le diable
Comme l’exorcisme d’un diacre
Toi même, tu es diable vivant.
Tu as des cornes de zébu.
Bossu et grincheux, tu as même une queue.
Tout le monde fuit à ta vue.
Et ta joie est le malheur du monde.
Azalou est ton nom.
Tu es laid,
Tu n'as pas bu du lait.
***************
Mon cahier bleu
C'était un cahier ordinaire,
Avec une couverture en plastique bleu.
Un cahier d'artiste, d'entrepreneur et de génie
Un grimoire, un mémento, une encyclopédie
Un cahier brouillon aux belles pages blanches
Gribouillé d'encre bleue et de graphite.
J'y couchais toutes mes idées
Les plus belles et les saugrenues
Celles qui me saisissaient comme une diarrhée
Et me tiraillaient jusqu' à ce que je les grave
Celles qui parlaient de politique et de métaphysique
Celles qui traitaient de progrès et de richesse
Pour les peuples du monde et pour moi
Celles qui chantaient des mélodies
Et parlaient de biologie ou de poésie
Des idées sages ou vicieuses
Mais toutes originales et précieuses
Fruits de science, d'intuition et de créativité
Accumulées en huit mille journées
Autant de randonnées uniques à jamais perdues
Dissipées, disparues comme elles sont venues
Emportant mon pauvre cahier
Je vous conjure de revenir
Avec ou sans mon cahier
Que vous soyez au ciel ou à la poubelle
Ce cahier que j'aimais
Ce cahier qui allait changer le monde.
***************
L'ultime don
La femme est comme un château.
Il y a ceux qui, le temps d'une vie,
Font des aller et venues pour faire le ménage
Ceux qui font les emplettes et la cuisine
Les maraudeurs qui grimpent les murs
Les prisonniers enfermés dans les cales souterraines
Le major d'homme qui maintient l'ordre
Le chevalier qui s'occupe de la cavalerie
Le prince charmant qui anime les rêves
Le roi qui a le titre de propriété
Et enfin l'Homme à qui elle se donne
Cet homme peut être une femme
Un jeune, un vieillard, ou un mort
Un noir, un blanc ou un métisse
Par un heureux hasard
Ou par le sang et la sueur de l'effort
Il a trouvé la clé
Et l'a déposée dans la serrure
La femme qui se donne est un bien inexprimable.
Une lazurite rarement découverte
Un graal dans une crypte scellée mille fois
Beaucoup de males n'en ont pas idée
Beaucoup de femmes ne le feront jamais
C'est un secret d'alchimiste
Quand une femme se donne à un homme
Corps, âme et esprit, dans une extase ternaire
Au delà de la verge, des secousses et des flux
Une implosion atomique
C'est comme fondre le voile céleste
Et s'unir avec le macrocosme
Dans l'éternité d'un instant qui métamorphose
***************
Instincts féminins
Toutes les femmes sont pareilles
Quand on y regarde de près
Au delà du voile des apparences
Au delà même des premières ressemblances
Quand on ouvre le corsage
Et soulève le rideau des poils
Toutes sont de franches aimantes
De naturelles et fraiches amantes
Elles ont toutes les précieux galbes
Qui nous emballent et nous allument
Des globes corporels
De divines rondeurs
Tous les paysages de notre imagination
Les plus beaux, les plus crus
Qu'elles soient nues ou vêtues
Qu'elle soit seule ou en groupe
Elles ont la même tendresse maternelle
Qui se transmue en passion, haine ou indifférence
Elles ont le même attrait matériel
Pour les pierres, les chaines et les étoffes
Le même désir charnel
Pour les friandises et les câlins
Celles qu'on cloitre à la maison
Celles qu'on fuit ou redoute
Celles qu'on paie à prix d'or
Celles qu'on vénère pour la vie
Celles qu'on aime ou déteste
Celles qu'on convoitera éternellement
Toutes les femmes sont pareilles
Fragiles, mais puissantes
Paresseuses ou courageuses
Elles sont de pures merveilles.
***************
La vie est une poésie
Il ne faut pas forcer la poésie
Il faut la laisser monter
Comme la sève se faufile au creux de l'arbre
Comme le sperme grimpe l'urètre
Des racines jusqu'à la cime
Tout le monde est poète potentiellement
Tout le monde peut chanter, errer, aimer, rimer
si nous avons un cœur qui tressaillit
Une cervelle, des neurones et des synapses
Des yeux pour voir
Des émotions pour nous émouvoir
Des narines pour sentir
Laides exhalations, suaves parfums
Deux tympans pour capter
Les sons, même les plus fins
Les vacarmes et les silences
Les secrètes musiques de la vie.
Les plus beaux vers sont ceux de la nature
Ils ont une pureté divine
Et balaient toute l'échelle des couleurs
Ils nous vivifient comme elle.
Il nous faut juste vivre
Suivre les muses véritables
Tel l'enfant marchant derrière sa mère
Celles qui sont blotties et cachées
Dans le tréfonds de notre âme
Dans les routines quotidiennes
Il nous faut ouvrir nos sens et notre intuition
Au souffle revigorant des choses et de la gnose
Devenir nous même les quatrains de nos rêves
Regarder se concrétiser nos aspirations
Avec l'aisance d'un stylo qui écrit tout seul.
***************
Etouffons nos plaintes !
Apaisons nos craintes !
La radio annonce le décès de la mort
Les dieux l’ont inhumée dans un lointain port
Jadis, les rires désertaient nos cœurs torturés,
Que transperçait la souffrance.
Nos yeux boursouflés se noyaient,
Dans la rivière de larmes amères.
Les hurlements lugubres des loups,
Et les pleurs stridents des enfants,
Se mêlaient au récital des rapaces.
Tout sentait du noir, la couleur du deuil.
Dame mort restait à nos portes,
Avec son cortège de lamentations,
Sa horde de cauchemars,
Et sa meute de terreur.
Non, tu ne nous fais plus peur,
Toi et ta meute affreuse.
Nous avons compris que tu n’es pas la fin.
De même qu’une porte n’est pas la maison.
Tous un jour, prendrons le large.
Chacune de nos vies ne dure qu'une page.
Mais ce qu'il faille faire, c'est croire et prier.
Vivre l’Amour et le célébrer.
Pourquoi vivre, pourquoi trépasser?
Tout ceci n'est qu'une pathétique absurdité.
***************
La négresse aux prunelles ardentes,
Hier s'est mise en route emportant ses petits,
Hissés sur son dos, ou livrant à leurs fiers appétits,
Le trésor toujours prêt de ses mamelles pendantes.
Elle est belle, Ô mortels! Comme un rêve de pierre.
Et son sein où chacun s'est meurtri tour à tour,
Est fait pour inspirer au poète, un amour
Eternel et muet, ainsi que la matière.
Elle a, pour fasciner ses dociles amants,
De larges yeux aux clartés éternelles.
De quel ciel lointain vient-elle ?
Dans quel profond abîme git-elle maintenant?
Beau comme l’amphithéâtre de Nîmes,
Son regard infernal et divin,
Verse confusément le bienfait et le crime.
Et l'on peut pour cela la comparer au vin.
Sort-elle du gouffre noir ou descend-elle des astres?
Le destin charmé suit ses jupons comme un chien.
Elle sème au hasard la joie et les désastres.
Et elle gouverne tout, sans répondre de rien.
***************
Ecoute la voix de la belle,
La belle dame qui t'appelle,
Qui t'appelle parmi les lys,
Les lys fleuris du paradis.
L'hiver passera sur terre.
Le printemps te rendra ta mère,
Et tu verras l'automne fleurir,
Quand en été Dieu te dira de grandir.
Ecoute la voix de la belle,
La belle dame qui t'appelle,
Qui t'appelle parmi les lys,
Les lys fleuris du paradis.
Après avoir tout l'août travaillé,
Tu verras tes ailes se déployer,
Avant de devenir joli papillon,
Qui voltige sur les fleurs et les sillons.
Ecoute la voix de la belle,
La belle dame qui t'appelle,
Qui t'appelle parmi les lys,
Les lys fleuris du paradis.
***************
Hymne au penseur
A toi, mon homonyme.
Toi qui fais de la rime.
Que tu vives à Pékin ou à Nîmes,
Dans un bas-fond ou sur les cimes.
A toi le philosophe,
Qui aime les métaphores,
Et les longues strophes.
Toi qu’on dit fort.
Toi, dont la plume terrible,
De bonheur nous abreuve.
Quand les problèmes que tu cibles,
Et tes conseils nous émeuvent.
Tes bouquins lus,
Le trac nous fuie.
Ta rime tantôt nous tue,
Tantôt nous mène vers nos buts.
***************
La danse des maux
Tout coule, tout est vain et tout s’envole.
Le temps coule, coule, s’écoule.
Il suit son train-train tel un train,
Telle une vieille bâtisse, il s’écroule.
Les jours passent, de toutes les couleurs.
Rouges, gris, noirs, jaunes, bleus, blancs, beurs,
Prenant de l’arc-en-ciel les couleurs.
Les jours courent, comme des guerriers Toucouleurs.
La vie comme une flèche s’envole.
Bientôt abandonne notre coupole.
Hier vigoureux, déjà décrépis, la mort s’irrite.
Qui nous vole notre vie qui passe si vite ?
Les diables ?
Non, ils errent dans les sables et les vagues de notre imagination.
Les dieux ?
Non, ils sont consumés par les feux qu’attisent les vents des hommes.
Le travail ?
Non, lui qui nous a conçus continue de nous nourrir.
L’amour ?
Non, beaucoup l’ont perdu.
L’argent ?
Peut-être, car nous ne l’avons pas compris.
La routine ?
Peut-être, car elle nous aveugle.
L’ignorance ?
Probablement, je pense.
C’est le seul et le pire de nos maux.
Hélas, très peu en disent mot.
***************
Dans un petit jardin d’Ose,
Où flamboie un pré de roses,
J'entends le chant des papillons,
Voltigeant sur les sillons.
L'ambiance est très mélancolique,
Amusante et exotique.
Pas loin de là, Madame Francine,
Qui s'affaire à la cuisine.
Elle apprête le déjeuner,
De crêpes et ragoûts entremêlés.
On termine toujours par la tarte,
La tarte au chocolat de Sparte.
La préférée de ses poussins,
Tous verts comme des capucins.
Le vieux Ratafluor,
Ronfle encore.
Il viendra bientôt,
Dans son bleu manteau.
Plus gourmand qu'un louveteau,
Il adore les gâteaux.
Dandinant avec sa canne,
Et têtu comme un âne.
Il s’assiéra sur la grande chaise
Et remplira son gros ventre d’obese.
Près de la cabane, jouent les chiens.
Manger, dormir ou bien rien,
Ainsi vivent nos bons amis,
Dans leur petit jardin.
***************
La peur
J’entends souvent
Dans la nuit profonde,
Lorsque souffle le vent,
Des bruits semblables à ceux d’un autre monde.
Beaucoup dirons : Hallucinations !
Mais j’ai vraiment l’impression,
D’apercevoir une horde d’ombres, planant comme des ondes,
Dans les divers recoins de notre cour ronde.
Je frémis, de plus en plus, quand ces murmures,
Se précisent derrière mon mur.
Et quand la brise souffle, cette fraiche et étrange brise,
Une chouette vient cogner les volets de mes persiennes grises
Ah ! L’oiseau de malheur,
Qui quoique beau, m’inspire tant de laideur.
Sa seule vue me fait trembler comme un vieux.
Alors, pour chasser la peur, je m’en remets à Dieu.
***************
L’enfant turbulent
Il y avait dans notre maison,
Garée depuis des lustres,
Une grosse berline couleur de plâtre,
Immobile comme dans une prison.
De sa belle couleur rouge,
Elle trônait au milieu de la cour.
Et mon frère, quelques jours,
Y entrait par infraction pour qu’elle bouge.
Comme à son habitude,
Il guettait de son père, le départ,
Et ouvrait le tiroir de son coffre.
Aux traitres éventuels, il faisait des offres,
Ou, lançant des regards furtifs et rudes
Menaçait de nous foutre à la mare.
***************
Si on lisait dans le cœur d’autrui
Si on lisait dans le cœur d’autrui,
On chasserait à jamais, l’ennui.
On accepterait les autres,
Et de la non-violence serions apôtres.
La société irait vraiment mieux,
Les jeunes respecteraient les vieux.
On comprendrait ces petites choses,
Qui de nos colères étaient les causes.
Si je pouvais lire dans ton cœur même,
Plus besoin que tu me dises ‘je t’aime’.
Nul secret qui plus tard ne se révèle,
La vie serait super-belle
Il n’y aurait plus de guerre,
Sur notre terre mère.
Tous les peuples réunis en paix,
Vivraient dans un ordre parfait.
Si tu lisais dans mon cœur,
Tu verrais le dilemme de ma vie,
Et accepterait les choix que je fis.
Si seulement on pouvait lire dans les cœurs.
***************
Le souffle des choses
Toute chose a un souffle.
Un souffle pur mais invisible.
Une énergie forte, profonde,
Que nul ne soupçonne ou ne sonde.
Toute chose a une raison d’être
Un rôle à jouer, toujours
Dans l’existence de tous les jours,
De nous autres qu’on appelle, Etres.
Toute chose veut qu’on l’aime,
Que de l’affection, en elle on sème.
Elle veut bien être utile,
Plutôt qu’inerte ou futile.
Toute chose est éphémère,
De même que son propriétaire.
Toute chose a une âme,
Qui la suit dans l’espace calme.
Toute chose a un souffle.
Un souffle pur, quoique invisible.
Une énergie forte, profonde,
Que pourtant, nul ne sonde.
***************
Grand père continue
Malgré sa décrépitude,
Son âge avancé,
Son échine courbée,
Il a conservé ses habitudes.
Il a le front ridé,
Les lèvres gercées,
Quatre vingt-huit ans de labeur
De dévouement et d’ardeur.
Mais ce soir encore,
Il va chez grand-mère
Avec les mêmes manières
De l’autre côté du port.
Il s’introduit dans la chambre,
En soulevant les jambes.
Il s’approche du lit byzantin
Ote le drap roussi de satin
Et saute sur sa chose,
Qu’il a couverte de graffitis roses.
Il la caresse de ses ongles sales
Jusqu’à se faire mal.
Il tire sur les cordes,
Pour que la guitare s’accorde.
Je parie que, comme mon frère,
Vous avez cru qu’il a sauté sur grand-mère.
***************
Une baraque au Bahamas
Le fils du fermier Massaï,
Sirote du bonsaï en route pour Hawaï.
Pour quitter son Kenya natal,
Il prend un paquebot ;
Car il n’y a pas d’embouteillage sur l’eau,
Et c’est plus prudent que les pirogues.
Escale au Bahamas pour un ravitaillement,
Et c’est là qu’une brunette américaine,
Lui demande avec un accent spécial
D’être son premier amant
En urgence et à l’ombre d’une baraque
Lui offrir la semence qui ira germer à Hawaï.
Au milieu du foin et des veaux,
Fut conçu le sauveur de l’Amérique.
***************
Lamentations diurnes
Je suis étranger chez moi.
Perdu, sous mon propre toit.
Dans ce pays où tout le monde court,
Comme à bicyclette, faire un tour.
Je suis perdu sur ma terre.
Sans mere, frere, ni pere,
Sans boussole ni repère.
Pour m'épauler, aucun pair.
J'ai le dégout de vivre,
Comme un poussiéreux et vieux livre.
Harassé et las de tout,
Comme dirait vraiment un fou.
J'ai une impression de grande solitude,
Emballé dans les mêmes routines et habitudes.
La télévision qui maintenant m'ennuie,
Les jours de ma vie, qui à toute vitesse, fuient.
Mon pays m'énerve,
Avec ses utopiques rêves.
Le peuple qui derrière, traine les pas;
Alors la magie du changement ne prend pas.
Ma maison m'agace,
Avec ses grisâtres faces,
Ses grands murs de poussières
Et les effluves de marais brulé
Je suis étranger chez moi,
Perdu sous mon propre toit.
Je suis étranger sur ma terre,
Sans boussoles, ni repères.
***************
Jours d'infortune
Il est des jours d'infortune,
Où le rire déserte mon cœur torturé,
Lorsque les pointes aigües de la souffrance
Me martèlent en cognées meurtrières.
Des jours où cette quête de moi,
Tourne à l'obsession.
L'horizon clame son incertitude,
Et le désir s'enfle, violent comme un fleuve.
Une montée soudaine d'eau rageuse
Qui déborde ma gorge
Et soudain s'affaisse exécrable
Comme un vil abandon.
Il est des temps,
Où entre tes lèvres, ma chère,
Reposent les lointains délices de la liberté.
Ton absence me cloue et me transperce.
***************
Me voici debout
Me voici debout dans la mer et son écume
Installant par les soins obligeants de l'ombre
Des brasses de volupté et d'errance morne.
Me voici dilué entre algues et coraux
Je me reconnais dans le mouvement ostensible des vagues
Avec elles, je viens mourir sur les plages de silence
Avec elles, je viens heurter les écueils de mensonge.
Mais toujours je cingle sur le sel de la vie
Vers les horizons embrasés par tant d'interrogations
Muées en morsures de scorpions,
En démangeaisons nocturnes et capillaires.
En ces lieux où je cherche en vain
Une balise, un phare, un sémaphore
Il y a les marées
Collier de perles suspendues à mon cou
L'ire des flots, ma couronne
Et cette procession pour les noces
O nuits nuptiales au bord de l’eau
On dit que la marmite épousa le feu
Festin, convives et mariés disparurent,
Et les courants marins les drainèrent
Jusqu'à une aurore lumineuse.
***************
Orage et Solitude
Le tonnerre gronde.
Sont-ce les dieux qui n'en peuvent plus
D'apaiser un dieu offensé?
Est-ce une querelle que se livrent
A notre insu, le ciel et la terre?
Longtemps j'ai contemplé l'averse.
Elle chante sur mon toit.
Elle suinte sur mes murs.
Elle crépite sur le sol.
Longtemps j'ai contemplé l'éclair.
Il se fraie toujours un chemin,
Dans les cieux, vers nous;
Se faufilant à travers les nuages.
Et longtemps, encore,
Dans la moiteur de ma cellule,
Parmi les bouquins épars,
Tes lettres me diront ta solitude.
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Mon île est sous le vent,
Et les flots des vagues ardents.
Quelle est cette belle terre,
Où moi pauvre pêcheur erre ?
O doux bruit du vent,
Annonceur du beau temps.
Tout le temps, couché sur mon lit,
Elévation de sable où je gis.
Vivre seul est mon habitude.
Je ne puis mourir que dans la solitude.
Aujourd'hui, très loin de la ville et de toi,
Je me sens ivre de joie.
***************
Ma lune est ronde.
Mes illusions fondent,
Tels des mirages et des ondes,
Quand je passe à l'autre monde.
Ma lune est un croissant
Aux effluves d'encens,
Parmi les étoiles, dansant.
Ma lune est carrée.
Son cou, de lazurites, est paré
De joailleries exotiques, entouré
Par un bijoutier affairé.
***************
Je caresse avec mes fins doigts verts,
Ce pauvre cœur meurtri,
Qui coule et qui souffre.
Deux fleurs y sont blotties,
Une rose et une violette.
D'une beauté insoutenable,
D'une bonté d'ange,
D'une douceur de pomme,
Elles m’atteignirent amoureuses,
Lorsque grinça ta gâchette,
Et m’expédièrent en Hadès.
***************
***************
Percé jusqu'au fond du cœur,
D'une atteinte imprévue et mortelle,
Misérable vengeur d’une injuste querelle,
Et malheureux objet d'une injuste rigueur,
Je demeure immobile et mon âme abattue,
Cède au coup qui me tue.
Tristement réduit à mon mal infini,
Je me demande ma faute pour être ainsi puni.
Cruel sort pour une âme généreuse,
Périr par une sentence si affreuse.
***************
Qu'y ait-il de plus affectueux,
Que l'amour et la tendresse d'une mère ?
Ces mille sanglots qui m'ont traversé,
Dès que j'ai appris que je devrais passer,
Tout le reste de ma vie, loin de la maison.
J'en ai perdu la raison.
Puisque sans mère,
Il n’y a ni maison, ni saison.
Moi, pauvre Pierre,
Vivre sans ma mère.
Que toute la force de mes muscles,
Tout le savoir de mon être,
Et tout mon courage m'assiste.
Alors, un jour je retrouverai,
Cet amour que rien ne surpasse.
Je m'épanouirai sous les ailes protectrices,
De ma mère divine.
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Dans l'église, sur l'autel merveilleux,
Dallys, inspiré par les anges,
A peint de façon mystique,
En robes à franges,
Le front nimbé d'un astre,
Une sainte aux yeux bleus.
Chaque soir, l'esprit hanté de rêves nébuleux,
Et de l'écho céleste des récitals étranges,
Je viens la prier sous ses blonds cheveux.
Sur le vitrail de mon cœur, je l'ai ceinte.
O bonne et bienheureuse sainte,
Toi la seule que j'aime et toujours aimerai,
Tu te plains à me voir sombre et désespéré,
Errant dans ton amour comme en un mémorial.
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Enfermons-nous mélancoliques,
Dans le frisson tiède des chambres,
Où les pots de fleurs de septembre,
Parfument comme des reliques.
Tes cheveux me rappellent les franges
Du gardien des vierges catholiques
Et des vieux tableaux des basiliques.
Ton clair rire d'émail éclate
Sur le vif écrin écarlate
Où s'étale mon ennui de vivre.
Ah! Puisses-tu vers dans le calme,
Faire surgir comme une palme,
Mon cœur cristallisé de givre.
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Y-a-t-il une plage où de sages enfants ramassent des coquillages?
Une page où lire des mirages sans tomber à la marge?
Un mage qui ne dise point de commérages?
Une cage où faire des montages que le singe ne saccage?
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Je me souviens de ton visage carré.
De tes lèvres à petit feu dévorées,
De ta joue, contre moi pressée,
De tes cheveux dans mes mains caressées,
De tes sifflements, demandant encore,
L'ivresse tout entière de ton corps,
Chaque soir, je te vois revenir,
Me hanter comme un indélébile souvenir.
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La course de nos jours va bientôt cesser.
L'âge irréversiblement nous conduit à la mort.
Nous avons assez vu sur la mer de ce monde,
Errer au gré des flots, notre nef vagabonde.
Il est temps de jouir des délices du port.
Le bien de la fortune est périssable.
La vie s'effrite comme la maison bâtie sur le sable.