Excerpt for Narcissique dans le bec de l'autruche by Éric Roger, available in its entirety at Smashwords




Éric Roger










Narcissique

dans le bec

de l'autruche




















Éditions Dédicaces










Narcissique dans le bec de l'autruche


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Éric Roger












Narcissique

dans le bec

de l'autruche









à Janou Saint-Denis















L’INTIMITÉ DES RATS


l’amour est plus fort

que la police

-André Brassard



Le fleuve fume son intimité

je suis pris au piège du froid


Chaque saison

brûle dans les yeux du coyote


Le café boit notre mémoire

avec un peu de crème

pour oublier la nuit

qui a froid aux yeux

quand l’esprit prend feu



Christ de 2020

remets ton masque à oxygène

une croix t’attend


Je t’imagine crucifié de nouveau

pour en faire de l’art abstrait

libre de me déshabiller

d’être nu comme la nuit

qui cherche à censurer les étoiles


la couleur des êtres

des humeurs en forme de fleurs


Les oiseaux ne s’envolent plus

leurs ailes dessinent une nouvelle planète


Les clochers des églises

font semblant de sourire



Notre désarroi

ne serre plus la main à personne


Aimer n’est plus qu’un verbe

tant d’illusions font mentir

le suicide de la tendresse


Tu meurs en moi

pour allumer mon cœur

j’aime ton répit qui s’aventure vers sa fin


Une tornade dans la ruche du ciel


Ta bouche calme

mes pulsions amoureuses


Ne jette pas tes poèmes

j’en ai besoin pour amuser mon corps nu


Ta main est un calepin

où les poètes de l’ombre

s’amusent à lever l’ancre



J’apprends à m’effacer dans la lumière

le réel n’existe pas

pour nos enfants noyés dans l’alcool


Les anges dansent toujours


Le miroir ne répond plus

j’accepte

qu’on me dévisage


La pauvreté connaît la poésie

mieux que personne

le goût du couteau sur la langue

prêt à mordre l’espérance


L’amie de personne

me remet un poème inédit


Je m’assume dans l’interdit

les esprits chuchotent :

« la réalité est

une mauvaise plaisanterie »



L’ivresse est nécessaire

quand j’exprime mes idées de grandeur

sur du papier géant


Une autre dimension

dans les yeux de l’horreur

indique qu’il est temps de marginaliser des recrues


J’observe par la fenêtre

la saison fauve des méfaits


À l’hôpital thanatos

les fœtus morts ressuscitent

dans les sacs à ordure


Le poème est un crime à conquérir

aux limites du firmament :

la luminosité de son corps


Les dieux de la révolte n’ont qu’une passion

celle de braver toutes tempêtes


Des esprits se manifestent

mon magnétisme éteint les réverbères


J’entends les corbeaux

chanter l’hymne d’Élizabeth Bathory

Ils ne savent plus comment imiter

le croassement du sang de l’immortalité


Le mensonge est devenu une loi cosmique

Tu t’es fait tatouer sur le bras :

The end is near


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