Excerpt for La bataille des saints by Guy Boulianne, available in its entirety at Smashwords






















We want the world and we want it... NOW ”

James D. Morrison

Guy Boulianne










La

bataille

des saints

















Edition originale

1987










La bataille des saints


© Copyright - tous droits réservés à Guy Boulianne

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Préface aux dirigeants


La femme créa l'homme et l'homme devint mensonge ;

Ce qu'il fit à la terre, je n'ose point le dire

Car je sais qu'en vous se traîne un long souvenir,

Une plaie couverte par ce fameux mensonge.


Hypocrites rêveurs qui, d'un repos sordide,

Amassez plus d'argent dans vos nombreux tiroirs,

Que l'amour nécessaire à ces grands yeux humides

Qui plongent leur regard dans les abîmes noirs.


Chacun semble d'accord, il faut cesser la guerre,

Mais qui de vous ira brandir son drapeau blanc ?

Le prince ou le roi, la reine d'Angleterre,

ou bien vous messieurs, honorables présidents ?


Je sais bien, pauvres gens, mes paroles futiles,

Vous fermez ce livre que personne ne lira.

Toujours pour conserver votre peuple débile,

Semblable à l'armée, vous le menez au combat.


Vous n'avez que rancoeur, imbéciles vivants !

Vos mères et vos épouses sont plus fortes que vous

Et pleines de pitié pour ces pauvres amants,

Elles vous donnèrent vie, vous plaçèrent debout.


Maintenant que le regret habite nos têtes

Le vent souffle sa mort sur nos corps embaumés,

Le monde, je l'espère, reprendra de sa fête

Lorsque vous, bons messieurs, serez bien enterrés.









L’art ne peut être emporté que par son seul instinct d’accomplir la vérité.




























Aux Mères

Du monde entier…




Guy Boulianne











La

Bataille

des saints










































Souffrances

Que de souffrances

Pour l’homme qui cherche

L’amour

Et ne le trouve point



Le poète mélancolique


Seul dans ma chambre,

Couché sur le dos,

Je comtemple...


Je contemple le plafond,

Blanc comme mes rêves


Une femme est partie

Entre la gloire

Et la pitié


Le poète

Toujours triste,

La mélancolie qui suit chacun

De ses pas

Comme une ombre qui ne peut

Se détacher


Le manège tourne

Dans la tête d’un fou,

Les couleurs semblent

Se poursuivre,

Les chevaux de bois

Montent et descendent

La bouche ouverte,

Les dents crispées


La musique qui parvient

Dans mes oreilles

Se mêle aux grincements

De chaque roue non-graissée

De toute cette fête joyeuse

Se distingue un cheval blanc...


Cet étalon

Aux yeux rouges et pétillants,

Se tient droit

La crinière dans le vent...


Sa monture est montée

Par l’amour transparent,

L’amour aveugle

Mais qu’on veut posséder


Je cours pour lui crier

Mon envie

Mais le cheval a des ailes d’ange


Et le manège continue de tourner

Et moi je continue de courir...


L’amour qui veut s’échapper

Des mains du poète,

S’envole dans son paradis

Laissant derrière elle

Un corps perdu


Entre la gloire

Et la pitié,

Le poète est toujours seul

Dans l’abîme de ses remords.

Solitude errante


Je me meurs

Dans mon château de pierre,

Je me meurs

Dans ma solitude errante


Moi qui vis aux jours du songe

Entre les murs de mes pensées,

Je ne peux oublier l’amour

Toujours présent dans mes rêves

Les plus profonds


Dans le village,

Je me meurs devant ma fenêtre,

Pendant qu’une fête s’y déroule


C’est la fête des enfants joyeux

Grands ou petits, ils s’amusent tous.

Les feuilles des arbres sont remplacées

Par des lumières aux couleurs chatoyantes.

C’est merveilleux de voir ce monde

Se laisser glisser sur la neige

Emportant avec eux leurs sourires glacés


Sapins et bouleaux

Font le décor

De ce festin de fraîcheur,

Ce festin de joie


Mais moi,

L’amoureux,

Je me meurs

Entre les murs de mes pensées,

Car je suis seul

Dans mon château de pierre.

Huis clos


Aujourd’hui

Je n’ai point vu la couleur du ciel,

Enfermé à huis clos

Je n’ai point vu le soleil briller

À l’extérieur de mon être


Replié sur moi-même,

Il m’est difficile de comprendre

Ce qui m’arrive


Enfermé à huis clos,

Scellé de toute initiative,

Inconscient du sang qui coule

Et qui se répand sur la terre de mes aïeuls,

Devrais-je souffler sur les bougies –

Second souffle de vie

Ou bien m’affaisser sur le sol –

Seule mort qui peut

M’atteindre

Centaure que je suis

Je relance ma flèche

Qui sans cesse retombe sur mon jardin,

Lion de sang

Je suis dévoré par les pucelles

Autant que par mes semblables


Est-ce la fin ou le renouveau,

Pour l’instant je reste figé

Comme les aiguilles de ma montre

Brisée dans la furie de ma colère

Chaque


Chaque brin d’herbe dans le champ

Représente

Une partie de mon amour pour le monde


Chaque hirondelle dans le ciel

Représente

Une partie de mon amour pour le monde


Chaque goutte d’eau dans l’océan

Représente

Une partie de mon amour pour le monde


Chaque grain de sable dans le désert

Représente

Une partie de mon amour pour le monde


Chaque pièce d’argent en tous lieux

Représente

Une partie de mon amour pour le monde


Mais pour le monde


Chaque appel à mon coeur

Représente

Une partie de leur amour pour moi.


Bleu blanc... rouge


Des paysages brumeux

Habitent mes forêts,

Le noir des profonds marais

Se gonfle de mépris


(À savoir si je mourrai

Avant même de frôler ma destinée)


Mon âme est peuplée d’araignées

Pueuses et visqueuses,

Les scorpions

Rongent mes cervelles

Et je crie Je Crie


La France m’attend,

Paris des Baudelaire

Verlaine Rimbaud,

Pays des Breton

Eluard Aragon


Des paysages rêveurs

Habitent mes songes

Mourrai-je à Détroit

Boston New-York

Ou bien à Paris

Celle qui m’attend


Pourrai-je enfin dormir

Au creux de cette fosse

Creusée pour moi

Au nom d’une poésie


Mais jusqu’à maintenant

Ce ne sont

Que des arbres flétris

Qui habitent mes forêts,

Les fleurs sont séchées

Et les lichens sont jaunis

(À savoir si je mourrai

Avant même de frôler ma destinée)

J’aimerais


J’aimerais que ma peau

S’assèche

Que chaque veine de mon corps

Éclate

Et que mon squelette

Baigne dans le sang


J’aimerais que mes yeux

Tombent de leur orbite

Que mes mains blanches

Et froides

Laissent voir mes paumes ridées


J’aimerais que mes cheveux

Durcissent

Que mon coeur cesse de battre

Pour me reposer... enfin


J’aimerais dormir

Sur un coussin blanc

Dans la terre qui me paraît

Si accueillante.





Que j’aimerais dormir

En paix
































La bouche est meurtrie

Les yeux sont vide d’images

Le cerveau éclaté

Il ne reste que des débris

Quelques mirages

D’une conscience épuisée...

Le clown


J’incarne

Ce qui m’a toujours effrayé

J’incarne

L’homme

Harem


Démons rieurs,

Sans cesse moqueurs,

Je vous hais


Vie d’eau, vie de cristal,

Fragile comme la faiblesse

Tu m’attends dans ton harem

De folie


Perdu perdu perdu,

La petite aiguille

De la marche sans fin

Sans cesse me tourmente


La vie au bout de la corde,

Bientôt,

S’arrachera le cou

Pour percer le mystérieux


Ah ! vie de cristral,

Dans ta hâte,

Tu m’entraîne loin dans la folie

De ton harem


Ah ! vie d’eau,

Dans ta splendeur,

Je dérive au loin dans le flot

De tes courants


Laisse-moi donc mourir merde de vie,

Toi qui es si fragile

Frénésie


Juste un souffle

Dans mes oreilles


Juste un soupir

Au loin dans le temps


Que de querelles,

Que de disputes

Dans le diamant

Limpide comme irréel


Ah ! justice dans le noir,

Vérité révélée

Dans le noir de la nuit


Soupçons cachés

Dans l’or liquide, liquide

Perdu


Amour d’une fleur

Fanée

Consolée dans le verre

Soufflé


Misère, misère

Misère


Justice couverte d’hypocrisie,

Suis ton chemin

Sans détour

Vautour

Rapace

Ah ! justice

Hypocrite que tu peux être

Dans la frénésie

De tes désirs


Désirs,

Ne revenez pas

Je vous hais,

Désirs

Ne revenez pas


Stupide que je suis

Je continue mon chemin

Sans raison




Pauvre fou




Je te salue




Toi




Ma mort




Fin







































Si je meurs mon ami

Un jour deviendra naissance

Et puisque la terre,

Milieu d’abandon,

Est le centre de ma mort


Tout sera meilleur

Pleure pleure pleure


Tu es d’un humour,

Vraiment, d’un humour

Très spécial


J’aimerais, quelques fois,

Que tu sois plus sérieux

Et que tu plonges tes larmes

Dans mes paupières qui te cherchent


Tous les jours

Je marche seul

Cherchant l’amour

Au seuil

De ce qui semble

Bienvenue


Vraiment, tu es d’un humour,

D’un humour

Très spécial


J’aimerais, pour une fois,

Que tu sois plus sérieux

Et que tu plonges tes larmes

Dans mes paupières qui te veulent


Songe à celle qui m’a quitté

Au printemps de tes souvenirs,

Songe un peu

À l’ivresse

Malade et souffrante

Qui m’empoigna comme un fou

Tu es d’un humour,

D’un humour

Vraiment, très spécial


J’aimerais, juste une fois,

Que tu sois plus sérieux

Et que tu plonges tes larmes

Dans mes paupières qui te demandent


Pense au poète

Qui toujours sera maudit

Incompris

Rejeté

Mal-aimé

Pense un peu à moi



Et plonge tes larmes

Dans mes yeux qui te quêtent

Mourir de vivre


Si tu vois la lumière

Dis-lui bonjour

Et si tu entends le vent

Cours me chercher


Depuis longtemps

Que j’attend le soleil

Et l’air frais

Des grands océans


Depuis longtemps

Que je cherche l’amour

Au fond des forêts

Et des jardins multiples


Et les arbres qui dansent dans le vent

Et les oiseaux qui chantent en écho


Je me cherche

Même dans les fissures de la terre

Je me cherche à mourir

De vivre

Le sixième du soixante-six


Demain je me retournerai

Car le jeune va naître –

une autre fois – toujours


Regarde devant toi,

Tes yeux ne sont-ils pas ouverts

Devant ce qui t’attend


Ne pleure pas


Tu es choisi

Pour la Bataille des Saints,

Le feu grugera tes entrailles

Et tu crieras

Tu crieras


Retourne-toi car demain

Tu renaîtras –

Brin d’herbe tu n’es rien

Au côté de la montagne,

Laisse le ruisseau pleurer

Ses larmes


Me voici

Esprit faible,

Marqué comme la bête


Suis-moi

Sommeils vertigineux


Dans d’éternelles et langoureuses profondeurs


Avant qu’hier ne passe

J’ai vu des hirondelles

Faire voltiges

En des ciels plus sympathiques


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