Excerpt for Accords et à travers by Céline Aubertot Cauvin, available in its entirety at Smashwords


Céline Aubertot-Cauvin









Accords

et à travers


poésie


















Éditions Dédicaces






Accords et à travers



© Copyright - tous droits réservés à Céline Aubertot-Cauvin

Toute reproduction, distribution et vente interdites

sans autorisation de l’auteur et de l’éditeur.




Couverture : © Mats Tooming

Tartu, Estonie







Dépôt légal :

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Un exemplaire de cet ouvrage a été remis

à la Bibliothèque d'Alexandrie, en Egypte







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Céline Aubertot-Cauvin










Accords

et à travers


















A Nico et Lucie qui me font la vie douce,

A mon frère, pour sa force intérieure,

A Julien, qui de musicales discussions en jeux de mots,

m’a redonné l’envie d’écrire,

A Corinne qui partage certains de mes sentiments.






Avant Propos




Ecrire…

Des textes, des poésies, des lettres immenses, chercher le mot juste, celui qui aura l’impact voulu. J’écrivais surtout dans les moments de grande tristesse ou grande confusion, pour y voir plus clair.

Puis je n’ai plus écrit pendant longtemps ou de manière très spora-dique, signe que tout allait mieux, et que j’avais d’autres occupations, la musique, toujours et encore… A trente ans, sans voir plus loin, j’ai commen-cé le bilan de mon parcours musical, et les mots sont revenus d’eux-mêmes comme une évidence. Comme si la musique ne se suffisait plus à elle-même, est né le besoin de l'écrire aussi. Pour mieux la comprendre, pour mieux y entrer, pour mieux l'aimer...

En 2009, mon premier livre - compilation de textes autobiographi-ques, poétiques et réflexions sur la musique - réglait des comptes avec le passé et tirait dessus un trait plus serein. Le voir publié était pour moi inespéré, et les Editions Dédicaces m’ont redonné confiance. Alors même que j’en terminais la mise en forme, écrire me manquait déjà, et j’ai donc continué, en approfondissant le domaine de la poésie cette fois.

Si la musique et la danse, pareilles à une obsession ou une folie, en sont le fil conducteur, encore et toujours, tel un puits qui ne tarit pas, les textes sont plus tournés vers l’avenir, l’humour parfois, l'actualité et surtout, surtout, le plaisir des mots. Parce que les dire fait du bien, les vivre c’est encore mieux, mais écrire c’est les crier au grand jour et les partager, avec un plus grand nombre et plus loin…


Allier photographies, musiques et textes comme dans une exposition vivante me tenait à cœur depuis longtemps, et c’est aussi ce projet que j’ai tenté de mener à bien. La photographie pour capter la beauté, la musique pour s’y réfugier, les textes pour tout avouer et assumer.


L’art est meilleur que les crèmes anti-âge pour défier le temps, plus éco-logique que les transports pour défier l’espace, et plus honnête que le pouvoir pour laisser son empreinte.


Afin que vous puissiez profiter de toutes les dimensions des textes, les musiques et photographies qui leur sont associées sont accessibles sur ce site : http://jongleusedenotes.e-monsite.com.



Préface





Où il est écrit que le poète tournera en rond…


La plume se pose sur le papier. Aucun sentiment ne vient la gêner dans ce qui va se passer. Sous des yeux devenus étrangement aveugles, ne voyant plus rien, pas même l’encre qui se répand, elle transmet le moment doucement, certainement, sans rature aucune. La plume trace son chemin, et c’est comme une libération, un cri, le cri primaire, celui de toute naissance, celui de toute prise de conscience de l’existence d’une liberté nouvelle, unique et grandiose, sincère et donc forcément décadente. People run in circles. La plume se pose, à côté de la feuille, remplie, sans qu’un seul son ne sorte, sans que personne n’en sache rien, et pourtant, tout est là, sous les yeux ébahis, le cerveau halluciné d’avoir réalisé un travail d’une telle profondeur, d’une telle précision, d’une telle vérité, d’une telle nudité, plus que ça, plus, d’une telle inexistence. La plume se pose, à côté de la feuille, remplie, alors que toutes les notes existantes ont été jouées dans un monde, ailleurs. Le silence crève les tympans de l’être humain qui retrouve sa matérialité alors qu’en interne, ça tambourine, ça crisse, ça tire, ça saute, ça danse, ça virevolte, public, applau-dissements, rythmique, un, deux, trois. Puis plus rien, avant la fin, extenuée, sublimée avec une goutte de sueur tombant en ce la fatidique que plus jamais personne n’oubliera.

Et tout s’est joué. Le silence reprend sa place totalitairement unifiée, ici et là-bas. Déjà il faut tourner la page. La plume se pose sur le papier. Aucun sentiment ne vient la gêner dans ce qui va se passer. Sous des yeux devenus étrangement aveugles, ne voyant plus rien, pas même l’encre qui se répand, elle transmet le moment doucement, certainement, sans rature aucune. La plume trace son chemin, et c’est comme une libération, un cri, le cri primaire, celui de toute naissance, celui de toute prise de conscience de l’existence d’une liberté nouvelle, unique et grandiose, sincère et donc forcément décadente. People run in circles. Recommencer, comme en un exercice, à la recherche du parfait, à la recherche de la fin, l’ultime, celle qui fera que le point d’orgue pourra se poser, en un moment d’éternité.

La plume se pose, à côté du livre terminé. La plume s’écrase sur le parquet de la salle de danse, brillamment usé, à force de charrier tant d’excellentes pensées, à force de renier toutes ces idées balancées, à force de vouloir changer ce passé, construire ce futur, un peu comme ce danseur qui, avant de mourir sur le tout dernier mouvement, tend son bras dans l’étoile d’un projecteur en un cri silencieux, demain peut-être…

Nous autres, créateurs en tous genres, écrivains, poètes, philosophes, grands de ce monde que nous sommes par le recul que nous prenons sur les choses, grands que nous croyons êtres par l’apparente intelligence de notre propos, sensible et criblé d’espoirs sincères et d’idéaux éculés depuis des années, nous autres étoiles filantes, nous ne nous encombrons pas de détails futiles, de fondements textuels, de raison, de règles. Nous autres, musiciens du cœur, chanteurs d’une âme que nous voudrions commune, porteurs d’espoirs que nous voudrions attribuer, partager, transmettre au plus grand nombre, nous nous contentons de musique. Oui Madame, Oui Monsieur, de Musique nous parlons. Propos contradictoires me direz-vous ? Bien-sûr, musique est égale à rythme, clé de fa, clé de sol, dièse, bémol, gammes, répéti-tions et donc perfection.

Pourtant, la musique n’est-elle toujours que perfection ? N’est-elle pas, avant d’être chanson, avant d’être un tube parfaitement calibré pour le plus grand nombre, ou autre divine symphonie, n’est-elle pas un… cri primitif? Que faites-vous, vous autres, pétris de certitudes cartésiennes sur la musique, sur la vie, des artistes uniques donnant vie à la musique expéri-mentale, bruitiste, électronique? Elle est là, la perfection, dans le premier pas. Elle est là, la perfection, non pas dans cette main tendue vers l’étoile du projecteur mais dans tout l’effort qui y a été mis par le danseur pour arriver à ce geste final, geste qui pour être accompli lui a demandé deux heures d’un spectacle haut en couleurs, avec ses hauts et ses bas. Gainsbourg, lui-même peut-être nous donnerait-il raison, lui, pour qui la chanson était un art mineur destiné aux mineures...? Ne faut-il pas accepter de passer par la chanson poétiquement littéraire pour accéder, un jour, à la musicalité humaine?...

Aussi, cher lecteur, ne vous inquiétez pas de ne rien comprendre à certaines phrases de l’œuvre de Céline Aubertot-Cauvin, ne cherchez pas à faire la fine oreille sur certains mots techniques, ou à saisir le pourquoi du comment d’une atmosphère, d’un endroit tant aimé qu’il en devient leitmotiv, ne vous formalisez pas de sentir votre réflexion s’emballer, ne la laissez pas s’exprimer d’ailleurs, coupez lui le son. Ne tombez pas non plus dans le piège de l’apparente facilité de tout savoir dès la lecture du premier texte de ce livre. Respectez le travail de l’artiste, abandonnez-vous à ses côtés et rejoignez son monde, celui d’associations diverses, plongez, laissez le rythme vous emporter, ce rythme si pressant, ce rythme si parfait, si décousu par moments qu’il en viendrait presque à s’auto renier. Laissez-vous disparaître et ne jugez pas l’ensemble sur la chute, presque parfaite, chute que vous ne pourrez comprendre qu’en regardant en arrière.

Car, aussi vrai que l’être humain existe, aussi vrai que l’être humain écrit, aussi vrai que l’être humain de la musique compose, il ne vit que d’une seule et unique chose : la recherche de la vérité du monde qui l’entoure. Et cette recherche implique de tâtonner, de créer du mineur pour accéder, un jour peut-être à l’humanité dans sa majeure et grandiose partition, telle que par les poètes rêvée. Que ceux qui vous disent vivre la vie au jour le jour, sans jamais se retourner sur le passé, continuent leur chemin. Car la plume du poète de 2010 est née, en un jour, un soir, préhistorique, un soir de désespoir ou d’espoir, qui sait ? Cette plume, Oui Monsieur. Cette plume, Oui Madame, et ne vous en déplaise, cette plume est celle de nos illustres aïeux, celle qui a posé tant de questions sans réponses, ces questions qu’à notre tour nous posons, sur une partition sentimentalement littéraire.

Cette plume de l’âme humaine, qui, un jour s’est posée sur le papier. Cette plume qui ne s’arrêtera d’écrire que quand l’être humain aura compris comment jouer sa propre partition. D’ici là, laissez-nous répéter, encore et encore, par delà les espoirs, par delà le noir, par delà tout ce qui vous semble relever du délire. Laissez-nous trouver notre propre mélodie permettant de vaincre cette inimaginable idée : l’inexistence de la définition de ce mot porté en étendard, ce mot qu’est, tout simplement…

« L’Humanité », afin qu’un jour, à force de l’avoir rêvé, composé, forgé, testé, construit et amélioré, nous puissions le transmettre à tous les hommes, de toutes races et de tous pays et, qu’ensemble, tous ensemble, nous jouions un concerto unique que le monde entier entendra et de concert reprendra…

Poets run in circles… et la plume se repose sur le papier…



Artur Michalski

auteur publié aux Editions Dédicaces







Un grand merci




à ma famille petits et grands

à Eric, Jérôme et leurs diatos


à la musique qui nous laisse profondément ancrés en cas de tempête


à Artur Michalski pour sa lecture, ses conseils et sa Préface



à Gilles Servat pour ses chansons « Retrouver Groix » et « Je dors en Bretagne ce soir »

à Lorraine Fouchet pour son roman « Le bateau du matin »


à la crêperie l’Ocre Marine de Locmaria pour sa cuisine, ses peintures magnifiques et la musique de Geoffrey Oryema



à mes oreilles pour le regard qu’elles portent sur le monde…






Cette vie




Je ne suis pas un chat

Longtemps j’ai rêvé de ces sept vies

Me laissant un temps fictif à l’infini

Qui étendrait celui qu’ici

Je n’aurai pas


Une vie pour découvrir

Une vie pour choisir,

Une vie pour aimer,

Une vie pour voir et écouter,

Une vie pour jouer et créer,

Une vie pour partir

Une vie pour se dire

Que ça n’était pas encore assez…


Je ne serai ni Carlos Nunez, ni même Christophe Sacchettini1

Je ne prendrai pas cet avion pour jouer à l’étranger,

Je ne verrai pas le monde entier

Je suis éphémère, je l’ai compris,

Et c’est pour cela que,

J’écris


Je ne suis pas un chat

Longtemps j’ai rêvé de ces sept vies

Me laissant un temps fictif à l’infini

Au lieu de cela

Je me contenterai de cette vie

D’autant plus précieuse elle sera


Une vie d’amour et d’impossible,

Une vie remplie et paisible,

Une vie à construire et à rêver

Une vie à questionner et progresser

Une vie passionnée à exulter






Une vie éphémère

Je l’ai compris,

C’est pour cela qu’elle doit me plaire,

C’est celle ci que je veux entière,

Et que

J’écris


Une vie de choix

A tourner sa langue sept fois,

Avant d’oser les prononcer,

A tourner son crayon sept fois

Avant de les poser sur le papier


Je ne suis pas un chat

Longtemps j’ai rêvé de ces sept vies

Me laissant un temps fictif à l’infini

Tout est éphémère, je l’ai compris,

Et c’est pour cela que,

J’écris




Musique associée : John Surman : « Portrait of a Romantic »




Croqueuse de notes




Tout entendre, tout écouter

Des sons, des voix, des notes,

Du tissu les bruissements, des craquements, du dehors les chants ;

Les souffles, celui du vent, celui des gens, des instruments,

Des pulsations, des battements

Des unissons, des accords, des déchirements.

N’en rien perdre, tous les écouter

Pour mieux les faire siens, mieux s’en imprégner.

Tels des délices, les croquer, les dévorer,

Devant eux s’extasier jusqu’à en être rassasiée.

Les sons, ingrédients d’une force intérieure,

Inépuisable source d’énergie,

Alimentation des rêves et des désirs d’un cœur.


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